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Río+20 et la concentration des terres

La question de la propriété des terres ne figure pas au programme de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable, qui se tiendra du 20 au 22 juin prochain à Rio de Janeiro, au Brésil.

altLes gouvernements des pays développés feignent d’ignorer que la concentration des terres au profit des spéculateurs s’accentue et que les banques et les fonds de pension ont pris le contrôle, ces dernières années, d’environ 200 millions d’hectares appartenant à des petits agriculteurs d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie.

Les spéculateurs savent que la terre est un élément clé pour satisfaire trois besoins vitaux : l’alimentation, l’eau et l’énergie.

L’Amérique Latine, où de nombreux petits agriculteurs ont été spoliés de leurs terres, est un bon exemple. Prenons le cas du Honduras, où ce phénomène est largement répandu : ce pays affiche des niveaux alarmants de pauvreté extrême, que l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, chiffre à 40%.

Rafael Alegría, dirigeant hondurien du mouvement international Vía Campesina explique que les accords commerciaux bilatéraux permettent aux Etats-Unis de vendre sur le marché hondurien du maïs et du riz très subventionnés pour faire baisser les prix et écraser la concurrence locale.

Incapables de résister à cette pression, les agriculteurs pauvres vendent leurs terres et abandonnent la campagne ou deviennent salariés agricoles. La résistance à ce phénomène est violemment combattue, les paysans locaux sont souvent expulsés, emprisonnés ou assassinés par la police et les forces armées du Honduras.

En Afrique, des ONG ont recueilli des centaines d’accords par lesquels les gouvernements livrent à des investisseurs privés des terres appartenant à des communautés locales. 

John Muyiisha, un agriculteur de Kalangala, en Ouganda, s’est réveillé un beau matin et a constaté que des pelleteuses détruisaient ses champs. Un rapport de l’ONG Amis de la Terre révèle que presque 10 000 des 40 000 hectares boisés des îles du lac Victoria, en face du village de Kalangala, ont été transformés en plantations de palmiers à huile.

Ce projet, qui a été financé à hauteur de plusieurs millions de dollars par la Banque Mondiale, a causé la ruine des habitants de la région, qui ont perdu tout moyen de subsistance, les promesses d’emplois liées à la nouvelle plantation n’ayant jamais abouti.

La BanqueMondiale, la Corporation Financière Internationale et l’Organisation Mondiale du Commerce encouragent la concentration des terres, et prétendent ainsi résoudre les problèmes de développement des pays du Sud.

Les documents préparatoires de Rio+20 reconnaissent la nécessité d’entreprendre de grands changements dans le système mondial de production d’aliments, mais les véritables alternatives au modèle actuel n’ont toujours pas été analysées.

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